ving-cinq-ans-aeronautique-francaise-1907-1932-t1

Les frères Gaston et René CaudronImprimer

Auteur : Lucien Marchis

Année de publication : 1934

Titre de l'ouvrage : Vingt-cinq ans d'Aéronautique Française

Editeur : La chambre syndicale des industries Aéronautiques

Partager

En 1908, les expériences des grands pionniers de l’aviation française éveillèrent en Gaston et René Caudron l’idée de construire un avion sur lequel ils voleraient. C’est Gaston qui fut surtout promoteur de l’idée et l’animateur des débuts.

Les deux frères étudièrent et construisirent un grand biplan de 60 m2 destinée à être mû par deux moteurs placés de part et d’autre de l’axe de l’avion. Un moteur devait actionner deux hélices tractives et inclinables vers le haut, l’autre, deux hélices propulsives fixes; ces hélices étaient reliées aux moteurs par deux transmissions en tubes d’acier avec renvois par pignons d’angle, le tout monté à billes.

Le planeur terminé, au printemps de 1909, les frères Caudron se rendirent compte que les moteurs commandés ne donneraient pas satisfaction; ils abandonnèrent leur premier avion et décidèrent de construire un planeur beaucoup plus petit et d’y installer un moteur Anzani 25 C.V. 3 cylindres, en éventail.

L’idée leur vint d’essayer le grand biplan, en planeur, en se faisant remorquer, face au vent, comme un cerf-volant à l’aide d’une longue corde tirée par une voiture à cheval; Gaston s’installa dans la voiture et René dans l’avion.

De nombreux vols furent ainsi faits, le biplan s’élevant à 10 et 15 mètres de haut, sur des parcours de 200 à 300 mètres.

Les nombreux vols du planeur et la construction du nouvel avion conduisirent jusqu’en août 1909. Le moteur Anzani fut installé sur le nouveau planeur étudié après le grand biplan; ce nouvel appareil était biplan à voilure souple, sans fuselage, mais avec poutre de réunion, gouvernail de profondeur monoplan, deux gouvernails de direction, le tout à l’arrière, sans aucun stabilisateur à l’avant de la cellule.

Il convient de remarquer le dispositif de moteur démultiplié par chaîne (rapport 2 à 1) entraînant une hélice propulsive placée au centre et à l’arrière des plans. Le pilote était assis sur Ies longerons du plan inférieur, du côté droit, faisant équilibre au poids du moteur placé à gauche. L’avion complet pesait 210 kilos.

En septembre 1909, après plusieurs essais timides et quelques décollages, René Caudron réussit huit vols en ligne droite de 800 à 1200 mètres, à 10 et 15 mètres de hauteur; au neuvième, dans un virage trop bas, l’avion toucha de l’aile et se brisa complètement, sans mal pour le pilote.

Nous verrons dans un chapitre ultérieur le développement des travaux aéronautiques des frères Caudron.