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Les principaux records du monde (1909-1914)Imprimer

Auteur : Lucien Marchis

Année de publication : 1934

Titre de l'ouvrage : Vingt-cinq ans d'Aéronautique Française

Editeur : La chambre syndicale des industries Aéronautiques

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De 1909 à 1914, les records du monde, à peu d’exceptions près, sont établis par des pilotes français, sur appareils français, soit en France, soit aux Etats-Unis. Ce sont d’abord les appareils des pionniers de l’aviation française qui remportent les victoires; les Blériot, pilotés par Blériot, Leblanc, Legagneux, Garros; les H. Farman, pilotés par H. Farman; les Antoinette, pilotés par Latham. Puis apparaissent les Deperdussin-Béchereau avec Jules Védrines et Maurice Prévost; les Nieuport avec Ed. Nieuport, pour ne citer que les marques engagées le plus souvent dans ces épreuves avec leurs pilotes de premier ordre. Si nous considérons les trois records de plus grande vitesse, d’altitude, de plus grande durée en vol, nous notons la progression suivante.

RECORDS DE LA PLUS GRANDE VITESSE (Pilote seul à bord)
En 1909, c’est Blériot qui établit le record avec une vitesse moyenne de 77 km/hre environ.

En 1910, Leblanc, sur Blériot-Gnome, vole à une vitesse un peu supérieure à 109,5 km/hre. En 1911, Leblanc, sur Blériot, et Ed. Nieuport, sur Nieuport-Gnome, se disputent le record qui revient finalement à Ed. Nieuport avec 133 km/hre. En 1912, c’est Jules Védrines, sur Deperdussin-Gnome, qui porte successivement ce record à 145, 161, 162, 167, 168, 171, pour finir à 174 km/hre. En 1913, Maurice Prévost, sur Deperdussin-Gnome, dépasse le 200 km/hre (204 km/hre environ).

Ainsi en quatre ans, le perfectionnement des appareils a permis de multiplier par 2,6 la vitesse de record.

RECORDS D’ALTITUDE
La progression du record d’altitude est plus impressionnante encore. Après avoir atteint un plafond de 155 mètres à Reims, pendant la Grande Semaine de la Champagne, Latham, sur monoplan Antoinette-Antoinette, a terminé l’année 1909 en montant à 453 mètres. Or, à la fin de 1910, Legagneux, sur Blériot-Gnome, porte le plafond des avions à 3.100 mètres, c’est-à-dire à une altitude près de sept fois plus grande qu’au début de cette même année; de nombreux aviateurs: Léon Morane, Chavez, sur Blériot-Gnome; Wijnmalen, sur H. Farman-Gnome, contribuent à cette montée rapide du record.

En I911, Garros, sur Blériot-Gnome, monte à 3.910 mètres. En 1912, le même Garros, sur Morane-Saulnier-Gnome, s’élève à 5.610 mètres et à la fin de 1913, Legagneux, sur Blériot-Gnome, double presque le plafond de 1910 en montant à 6.120 mètres.

En quatre ans, le record est passé de une à quinze fois sa valeur.

RECORDS DE LA PLUS GRANDE DURÉE (Pilote seul à bord)
En 1909, à Bétheny, Paulhan, sur Voisin-Gnome, reste en vol 2 h. 43 m. environ; mais H. Farman, sur H. Farman-Gnome, le dépasse d’abord par une durée de 3 h. 4 m. environ, puis à Mourmelon par 4 h. 18 m.

En 1910, H. Farman vole sans escale pendant 8 h. 13 m. En 1911, Fourny, sur H. Farman-Renault, porte le record à 11 h. 1 m. environ et, en 1912, le même pilote vole 13 h. 18 m. En 1914, Poulet, sur Caudron-Le Rhône, atteint 16 h. 30 m.

Ce dernier record est à peu près six fois le record de 1909.

RECORDS DE LA PLUS GRANDE DISTANCE PARCOURUE SANS ESCALE (Pilote seul à bord)
Au point de vue des distances parcourues sans escale, si le maximum de 1908 est de 50 kms, il passe, en 1909, à 200 kms avec H. Farman, sur biplan H. Farman; en 1910, à 500 kms avec Pierre Marie Bournique, sur monoplan R.E.P.; en 1911, à 700 kms avec Fourny, sur biplan Maurice Farman; en 1912, à 1.000 kms avec le même pilote montant le même appareil.

RECORDS AVEC PASSAGERS

En 1909, H. Farman est le premier à voler sur 10 kms avec un, puis deux passagers. Mais, dès 1910, Laurens, sur monoplan R.E.P., vole sur 100 kms avec un passager, et Mamet, sur monoplan Blériot, vole sur 50 kms avec deux passagers.

Avec un passager, Ed. Nieuport vole en 1911 sur 150 kms; Legagneux, sur monoplan Paul

Zens, vole, en 1912, également sur 150 kms. En 1913, cette distance est portée à 400 kms par Guillaux, sur monoplan Bayard-Clément, et, en 1914, à 500 kms par Eug. Renaux, sur biplan Maurice Farman.

En 1911, Busson, sur monoplan Deperdussin, parcourt en vol 50 kms avec trois passagers; puis, en 1913, 20 kms avec quatre passagers. Cette même année 1913, Champ el vole sur 200 kms avec trois passagers. En 1914, Garaix, sur biplan Paul Schmitt, établit le record de vitesse avec quatre, puis cinq passagers, sur des distances de 10 à 150 kms.

Le premier record de durée avec un passager a été établi en 1908 par W. Wright; le premier record avec deux passagers a été obtenu en 1910 par Mamet, sur monoplan Blériot. En 1911, c’est Busson, sur monoplan Deperdussin, qui établit le premier record de durée avec quatre passagers, suivi, en 1912, du record de durée avec cinq passagers, par Molla, sur biplan Sommer, et, en 1913, de ce même record avec huit passagers, par Frantz, sur biplan Savary.

Avec un passager, le premier record d’altitude est établi, en 1911, par Maurice Prévost, sur monoplan Deperdussin. Avec deux passagers, le premier record appartient à Moineau, sur biplan Breguet, en 1911. Avec trois passagers, le premier record français d’altitude est dû à Marty, sur biplan Caudron, en 1913; ce même pilote, avec le même appareil, établit le premier record du monde d’altitude avec quatre passagers.

L’année 1913 voit également établir le premier record d’altitude avec cinq, six et huit passagers.

Mais en 1914, Garaix, sur biplan Paul Schmitt, monte, avec trois, quatre, cinq, six, sept, huit et neuf passagers, à des altitudes variant de 3.300 mètres à 1.580 mètres.
Les plus grandes altitudes atteintes en 1914 avec un, deux, trois passagers ont été l’apanage de pilotes étrangers montant des appareils étrangers; mais les performances n’ont pas, à cause de la guerre, été homologuées par la F.A.I. On ne doit donc les considérer que comme officieuses.

Il en est de même des performances d’altitude établies par Sikorsky avec dix, puis avec quinze passagers.