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Air Inter du XXè au XXIè siècleImprimer

Auteur : Alain Ayache

Année de publication : 1988

Editeur : Les meilleures éditions

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Une grande entreprise, c’est d’abord une histoire, l’histoire de ceux qui l’ont créée, avec de faibles moyens le plus souvent, mais avec la volonté de la réussite, alliée à la prescience des marchés qui doivent surgir, puis, c’est l’histoire de ceux qui l’ont consolidée, imposée, de ceux qui l’on placée dans le Gotha des réussites.
L’histoire d’Air Inter est courte. En cette fin de 1987, elle a couvert un bon quart de siècle, mais si elle est déjà une « histoire », c’est que sa vie a été fulgurante.
Il est vrai qu’Air Inter est née au cours de ces « trente glorieuses’: ces trente années qui ont, à un rythme trépidant, façonné un nouveau visage de la France. La Compagnie ne s est pas contentée de se couler dans le flot montant de l’économie, elle a contribué au dessin de ce visage en réduisant les distances, en sortant de leur isolement des régions entières, en donnant au pays un réseau de communications aériennes dont la densité est unique en Europe. Elle a souvent précédé le mouvement.
Lorsque l’économie est revenue à des taux de croissance moins élevés, Air Inter a compris qu’une nouvelle ère de conquête était à sa portée grâce au développement des loisirs et du tourisme de courte durée, favorisée par la diversité française des paysages et des climats. Ce qui est passionnant, dans notre métier, c’est non seulement de vivre au centre des évolutions économiques et sociales, mais c’est aussi de les anticiper.
Car, à quoi sert la connaissance de l’histoire, sinon à comprendre le présent pour mieux voir l’avenir ?
Air Inter veut réussir son passage au 21e siècle. Je sais qu’il faut se méfier des échéances symboliques (on avait abusé de celle de l’An Mille 0 mais on a besoin de points de repère, celui-là est de taille et il est bien proche, de 85 à 90 % des membres du personnel d’Air Inter, en fonction le t1janvier 1988, franchiront ce cap avec l’entreprise.
Ces treize années qui nous séparent de l’an 2000 seront celles de l’Europe, les frontières, déjà bien érodées, vont s’évanouir. Après les échanges de biens et marchandises, déjà libérés, vont se multiplier les échanges entre les hommes. Pourquoi le nombre des voyages aériens entre Paris et Düsseldorf resterait-il cinq fois inférieur à ce qu’il est aujourd’hui entre Paris et Bordeaux, les distances étant équivalentes ?
N’est-il pas évident que dans l’Europe d’au-delà 1992, la France ait des cartes maîtresses à jouer ? Moi qui la sillonne à longueur de semaine, à la vitesse des jets d’Air Inter, je reçois cette évidence.
Certes Paris, de la Défense au Louvre, du quai de javel à la Villette, est couverte de chantiers qui confirmeront sa renommée mondiale. Les régions ne sont pas moins entrepreneuses: centres d’affaires et de congrès, parcs de loisirs, golfs, technopoles, partout des réalisations en cours et des projets préparent notre Pays à tenir son rang dans une économie de plus en plus internationale.
Ainsi, au gré des 30 escales d’Air Inter, sur les fils des 54 lignes qui tissent son réseau national; mais dont certains se tendent déjà vers les régions d’Europe, apparaissent les lignes de force d’une France capable aussi bien de maîtriser les technologies nouvelles que de mobiliser son potentiel touristique.
Pour une entreprise, construire son avenir c’est aussi savoir prendre la mesure des enjeux futurs et des inévitables défis qu elle devra continuer à relever. Car rien n est jamais définitivement acquis, il n y a pas de succès qui ne soit rapidement remis en cause par la concurrence des autres. De même, la machine qui permet à l’Homme de repousser perpétuellement ses limites, n’arrête pas de se perfectionner et ne laisse pas d’autre choix que d’en tirer le meilleur parti. L’éducation, la formation à tous les moments de la vie sont les seules réponses qui conviennent pour ne pas se laisser déborder par l’inexorable marche des techniques, mais au contraire pour en faire l’auxiliaire de l’efficacité et de la qualité.
Air Inter aborde la fin de ce siècle en s engageant dans un renouvellement de sa flotte avec la génération d’appareils la plus apte à assurer son entrée dans le siècle suivant.
Après l’AIRBUS 320, l’AIRBUS 330, dont Air Inter est la compagnie de lancement, nous accrocherons au siècle nouveau, puisque ses livraisons sont programmées entre 1993 et 2005.
A peine a-t-on eu le temps de se retourner pour jauger la tâche accomplie qu’il faut consacrer toute son énergie à préparer le futur et braver les incertitudes avec la volonté de continuer à réussir.