epopee-atlantique-nord

L’épopée de l’Atlantique NordImprimer

Auteur : Van Hoorebeeck

Année de publication : 1965

Editeur : Flammarion

Partager

Je viens de parcourir le remarquable ouvrage de M. Van Hoorebeeck retraçant l’épopée de l’Atlantique Nord.
J’ai été frappé par la qualité du travail présenté, à la fois complet et précis, par nombre de citations pleines d’intérêt et je me suis arrêté sur plus d’un détail peu connu ou sur une anecdote émouvante.
Sur le plan international, l’auteur a su rester d’une objectivité parfaite et ce livre trouvera la meilleure place dans les bibliothèques consacrées à l’Aviation dont il fait revivre un des plus beaux et des plus passionnants chapitres de l’histoire. Les anciens, ceux de ma génération, y retrouveront leurs souvenirs et les jeunes, en le lisant, vivront une prenante aventure qui, dès l’origine, fut jalonnée de drames, de dem-i­succès et de réussites plus rares.

Les traversées aériennes régulières des long-courriers d’aujourd’hui entre les deux continents ne doivent pas nous faire oublier que la conquête de l’Atlantique Nord, depuis la folle tentative du dirigeable America en 1910, fut longue, difficile et souvent dramatique.
L’ère des premières tentatives de traversées en avion, commencée en 1919, fut rendue possible par les progrès réalisés au cours de la première guerre mondiale dans les différents domaines de la technique aéronautique.
Au cours de cette période, se succédèrent les tentatives souvent entreprises avec des moyens insuffisants mais qui, réussies ou non, permirent de préciser la nature et l’importance des difficultés à vaincre en apportant des enseignements non négligeables qui furent mis à profit par les concurrents suivants. Puis, à partir de 1945, l’essor de l’Aviation Commerciale transatlantique fut prodigieusement rapide.

Les conquêtes réalisées dans les différents domaines de la Science sont progressivement et régulièrement intervenues pour rendre à la fois plus rapides, plus régulières, plus sûres, plus confortables les traversées actuelles des grands quadriréacteurs. Plus rapides: Il est aujourd’hui coutumier d’aller de Paris à New York en moins de 7 heures. Plus régulières: Tous les jours, des avions commerciaux de 70 à 150 tonnes survolent l’Atlantique Nord dans les deux sens. Plus sûres: Par le fractionnement de la puissance en plusieurs groupes moteurs ou réacteurs, par la sûreté des aides à la navigation. Plus confortables: Par la pressurisation et le conditionnement de l’air des cabines et par leurs aménagements et par le service commercial à bord.

A l’époque des premiers raids, les trois ou quatre mille kilomètres d’océan à survoler, selon la route parcourue, n’admettaient ni lacune dans la préparation ni défaillance matérielle ou humaine dans l’action. Et par la suite, lorsque l’on passa à l’exploitation commerciale, il est certain que les difficultés majeures de l’itinéraire, encore sensibles aujourd’hui, ont eu une influence stimulatrice sur les progrès réalisés dans le domaine des long-courriers desquels il a été exigé les performances maxima et des normes de sécurité rigoureuses.

La jeune génération qui n’a guère connu nos ailes de toile, sera peut-être tentée de sourire à l’évocation de nos moins de 200 kilomètres/heure entre les rives européennes et américaines. Qu’elle sourie bien vite car déjà nos actuels quadriréacteurs ne font que devancer de nouveaux avions à l’étude qui, dans un avenir qui n’est peut-être pas si lointain, voleront à Mach 3… deux heures pour aller de Paris à New York.
Mais aussi bien, quel que soit le futur, l’Épopée de l’Atlantique Nord restera une des plus belles pages de l’Histoire de l’Aviation et de celles des Civilisations Humaines.
A cet égard, je souhaite au livre de M. Van Hoorebeeck tout le succès qu’il mérite.