L’orientation en aéroplane – 2 – finImprimer
Auteur : F-A W
Année de publication : 1911
Titre de l'ouvrage : La vie au grand air - décembre 1911 - N° 691
Editeur : La Vie au Grand Air
Opinion de Wynmalen L’aviateur hollandais qui remporta le Prix Paris-Bruxelles se sert des signes naturels:
« Je me repère sur les rivières, les voies ferrées et les ponts. Il serait bon d’inscrire de grands chiffres sur les églises ou sur les gares. Mais il ne faudrait pas en abuser. Il suffirait de les écrire aux endroits difficiles où se trouvent des croisements de direction. Ce sont là les seuls lieux où nous ayons besoin de renseignements. »
Duval qui s’est révélé dans le Circuit Européen comme un pilote d’aussi grande valeur que malchanceux, ne fait attention qu’à la boussole:
« J’ai inscrit sur elle une aiguille rouge qui marque le Nord. Sur ma carte je marque des flèches qui m’indiquent sans cesse la direction du Nord. Pour que ma marche soit juste, il faut que je mette l’aiguille rouge dans le parallélisme des flèches de la carte. Malheureusement, je deviens incompétent s’il y a du brouillard, sinon, je suis sûr de ne pas dévier puisque tous mes points de repère m’en empêchent. »
Opinion de Kimmerling. L’aviateur lyonnais qui s’est révélé au grand public au cours des courses Paris-Rome et du Circuit Européen se base sur la configuration du terrain:
« Quand il y a des canaux et des rivières, rien n’est plus facile que de se diriger. Mes points de repère sont les grandes routes et les vallées, car si je n’attendais que les signaux pour me remettre dans la bonne route, je serais certain de me perdre. Lorsque vous n’êtes pas sûr d’être dans le droit chemin, montez à 1.000 mètres, regardez à l’horizon, et vous observerez ensuite votre carte sur laquelle vous verrez, fidèlement reproduit, ce que la nature vous montre ».
Opinion de Bathiat. « Dans les courses, nous écrit le vainqueur du circuit de Lisieux, je crois que le meilleur moyen pour signaler la route à suivre aux aviateurs serait de répartir tout du long, des locomobiles qui lanceraient d’épais jets de vapeur dans l’air, car c’est sans aucun doute ce qui se verrait le mieux. »
Barra qui s’est classé huitième du Circuit Européen est partisan de signaux volumineux, partant très visibles, et répartis seulement aux endroits où l’aviateur serait susceptible de se perdre.
De toutes les réponses qui précèdent, il résulte que les aviateurs ne sont pas très exigeants dans leurs désirs. La carte, la boussole et les numéros sont les seuls moyens auxquels ils se fient.
Il est certain qu’on ne pourra jamais établir dans l’air des poteaux kilométriques permettant aux aviateurs de lire leur route. Ce qu’ils réclament tous, c’est une carte nette et délivrée de tous les renseignements, utiles seulement pour le touriste qui voyage sur terre. La boussole, ils l’emploient surtout pour se diriger lorsqu’ils voguent au-dessus des nuages ou quand, s’étant égarés, ils cherchent à se repérer pour se remettre dans la bonne route.
Quant aux signaux, ils n’en demandent pas une trop grande profusion. Ce qu’ils désirent, ce sont des numéros et plutôt les noms des villes inscrits sur les toits soit des gares, soit des églises. Mais aucun ne parle des sortes de signalisation dont il a déjà été question et basées sur les coordonnées. Ce système trop compliqué semble voué à l’insuccès. Ce que veulent les aviateurs, ce sont des inscriptions faciles à lire et à comprendre. Nous espérons que dans peu de temps, ils seront satisfaits et que la carte qu’ils espèrent sera établie. C’est une belle uvre scientifique dont des Mécènes du sport n’hésiteront pas à prendre l’initiative.
F.-A. W.
