DES RONDS DANS L’AIR. Souvenirs illustrésImprimer
Auteur : Marcel JEANJEAN
Année de publication : 1967
Editeur : Imprimerie Moderne - Aurillac
Nous étions quelques amis, aviateurs et anciens aviateurs, à avoir répondu, par une belle journée de printemps, à l’invitation de Jean Salis, et nous nous trouvions réunis autour d’une bonne table à la Popote de l’Aéro-club de La Ferté-Alais.
Il y avait, autour de notre hôte, Marcel Jeanjean, René Genty, Gaston Decoop, Victor Véniel, Pierre Paquier, N’Guyen Van Hînh et moi-même. Nous faisions honneur à la cuisine de Mme Salis et la conversation allait bon train. Nous parlions d’Aviation, cela va de soi… et après que chacun de nous eût évoqué quelque souvenir marquant de sa carrière, nous en vînmes à déplorer unanimement que tant de belles histoires qui se racontent dans les popotes fussent inéluctablement vouées à l’oubli, pour n’avoir jamais été ni enregistrées ni écrites. Dans un élan d’enthousiasme tel qu’en suscite parfois l’euphorie d’un bon repas, nous décidâmes qu’il fallait immédiatement réagir contre une telle fatalité. Et c’est ainsi que prit naissance, le 15 mars 1965, Le Club de la Ferté-Alais, qui se donna pour mission de « perpétuer l’esprit des temps héroïques de l’Aviation, en recueillant le plus grand nombre possible d’histoires vécues, en vue d’en écrire la petite histoire » (Article 1 des Statuts).
Nous espérions naïvement qu’il suffirait de faire connaître notre association pour voir immédiatement affluer les manuscrits relatant les souvenirs inédits de tous ceux « qui ont quelque chose à dire ».
C’était compter sans la modestie propre aux grands aventuriers à laquelle s’ajoute, peut-être, une légère paresse naturelle… d’où il résulte en tout cas visiblement que, s’ils « se racontent » volontiers, ils montrent la plus extrême répugnance à écrire leurs mémoires. Certes, beaucoup d’encouragements nous furent prodigués et tout le monde applaudit à notre initiative. Mais de littérature, point…. ou si peu !
Alors que faire ?
Nous commençâmes par mettre à contribution le plus illustre d’entre nous, car nous avions beaucoup de raisons de penser qu’il avait en réserve un bon lot de souvenirs inédits, et nous savions que ses qualités d’écrivain ne le cédaient en rien à ses talents d’artiste : Marcel Jeanjean se fit bien prier un peu, mais son amitié pour nous finit par l’emporter. Il s’enferma tout un été dans sa maison de Soisy-sur-Ecole, fouilla dans ses notes et dans ses cartons, et il en résulta ces « RONDS DANS L’AIR » dont le Club de La Ferté-Alais est fier de revendiquer le parrainage.
Dois-je dire que nous n’espérions, pour notre coup d’envoi, ni la signature du prestigieux auteur de « SOUS LES COCARDES », ni l’intérêt historique des souvenirs personnels rapportés dans ces pages, ni le talent littéraire d’un écrivain dont il apparaît dès les premières lignes, si par hasard on avait l’inexcusable lacune de ne le savoir déjà, qu’il n’en est pas à son coup d’essai.<
Le Club de La Ferté-Alais exprime à Marcel Jeanjean sa profonde gratitude pour avoir, le premier, répondu à son appel avec autant d’intelligence et de qualité.
Mais nous ne saurions en rester là. Sans doute le Club a-t-il renoncé à attendre passivement que la manne tombe du ciel : le Président a pris son bâton de pèlerin et, armé d’un magnétophone, entraîné par l’infatigable Decoop, dont la persévérance et l’enthousiame sont légendaires, il s’en est allé de porte en porte, mendier des « histoires » partout où il pensait pouvoir en trouver. La récolte commence à s’engranger, mais elle est infime, comparée aux prodigieux trésors qui n’ont pas encore été saisis et qui risquent d’être perdus à tout jamais.
C’est pourquoi je lance un pressant appel à tous ceux qui trouveront quelque plaisir à lire « DES RONDS DANS L’AIR » afin qu’ils fassent leur « examen de mémoire » et, dans le cas où une carrière aéronautique leur laisserait quelques souvenirs inédits, qu’ils s’arment de courage et en fassent la relation écrite, sans aucune recherche littéraire. Le Club se chargera du reste…
Il y a des aventures personnelles qui appartiennent au patrimoine de l’humanité et qu’on n’a pas le droit de passer sous silence.
Merci à Marcel Jeanjean de l’avoir compris et d’avoir si brillamment donné l’exemple.
Général Raymond BARTHELEMY, Président du Club de La Ferté-Alais.
