Le-vent-se-leve

Le vent se lèveImprimer

Auteur : Anne Morrow Lindbergh

Année de publication : 1973

Editeur : Buchet / Chastel

Partager

Le grand problème réside dans les rapports du réel et de l’écriture, ou mieux, du réel et de la pensée. Comment transporter l’émotion ? Quel est l’essentiel ? Cet essentiel me semble aussi distinct des matériaux utilisés qu’une nef de cathédrale est distincte du monceau de pierre dont elle est sortie. Considérez l’image poétique. Sa valeur se situe sur un autre plan que celui des mots employés. Elle ne réside dans aucun des deux éléments que l’on associe ou compare, mais dans le type de liaison qu’elle spécifie, dans l’attitude interne particulière qu’une telle structure nous impose. L’image est un acte qui, à son insu, noue le lecteur. On ne touche pas le lecteur : on l’envoûte. Voilà pourquoi le livre d’Anne LINDBERGH me paraît être bien autre chose que l’honnête compte rendu d’une aventure aérienne. Voilà pourquoi ce livre est beau.
Antoine de SAINT-EXUPERY.

LE Vent se Lève est le récit tout à fait authentique d’un voyage effectué en 1933 par Charles et Anne Morrow LINDBERGH autour de l’Atlantique nord. Ce voyage avait pour but de reconnaître les routes aériennes entre l’Amérique et l’Europe car à cette époque les terres avaient toutes été survolées et il ne restait qu’à franchir les océans. Le lecteur sera pris par ce récit fascinant qui se lit d’une traite et qui constitue un document unique. Il convient également de souligner l’admirable préface d’Antoine de SAINT-EXUPERY, et l’avant-propos de Charles LINDBERGH dont la dernière phrase évoque parfaitement l’atmosphère de l’époque héroïque de l’aviation : « le vent, la chaleur, les décollages au clair de lune, le voyageur transatlantique n’en aura cure. Il n’aura plus de contacts avec ces éléments que par des récits tels que celui contenu dans ce livre ».