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RECORDS FRANÇAIS DE DISTANCE (1919-1939)Imprimer

Auteur : JEAN LIRON

Année de publication : 1978

Editeur : Lariviere

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avant-propos
Le lexicographe Pierre Larousse, dans son dictionnaire encyclopédique universel, précise que le vocable « record », d’origine anglaise, est réservé à un exploit sportif officiellement constaté et surpassant tout ce qui a été fait précédemment dans le même genre.

Si l’on ouvre un lexique anglais il peut être vu que le terme se traduit en français par record, bien entendu, mais également par : registre, disque de gramophone et… casier judiciaire.

Jadis, en France, l’expression, en termes de droit, s’appliquait à un rappel. Dans un sens moins précis, c’était aussi un souvenir.
Battre un record, c’est non seulement aller au-delà de ce qui a pu être accompli au préalable dans une catégorie précise, mais c’est aussi effectuer une prouesse dont le caractère reste, hélas, des plus provisoire. Un record peut être comparé au célèbre rocher de Sisyphe.

Il est évident que l’homme, de par sa propre nature, a des limites qu’il ne peut franchir, même riche d’hormones rapportées. La machine qu’il conduit dans les airs n’a par contre que peu de limites. Si, au cours des années vingt un grand nombre d’échecs dans les tentatives visant la traversée de l’Atlantique Nord fut relevé, le fait provient d’une certaine inconscience de la part d’équipages pleins d’excès de confiance à vouloir être les premiers à réussir un tel exploit, convaincus, puisqu’ils avaient échappé à la guerre, qu’une part de chance leur était réservée (1).

Un record ne peut être improvisé. Il nécessite et exige une longue préparation, le hasard n’étant sollicité, comme dans tout acte humain, que pour une faible part.
La remarquable figure qu’était Dieudonné Costes en fut un parfait exemple. Les performances qu’il sut obtenir lui donnèrent raison. Des trois principaux records d’aviation : vitesse – altitude – distance, c’est ce dernier qui requiert la préparation la plus précise comme la plus délicate.
Une fois le matériel volant choisi, l’homme qui conduira la machine doit posséder, outre une très forte résistance physique, de grandes qualités professionnelles augmentées des connaissances techniques indispensables.

(1) « Cette belle fille au sourire céleste » comme l’écrivait Pierre Weiss.