Sécurité aérienneImprimer
Auteur : Arne Leibing
Année de publication : 1968
Editeur : Robert Laffont
Ce livre a pour but de donner au public une connaissance plus réaliste qu’il ne pourrait en acquérir dans la presse quotidienne en ce qui concerne les problèmes compliqués et extrêmement épineux de la sécurité aérienne. Dans son ensemble cet ouvrage est fondé sur les opinions et les critiques de bien des gens conscients des problèmes de sécurité et qui se dévouent pour les résoudre; l’auteur les a rencontrés, il a discuté avec eux lors de conférences et de symposiums.
Cette étude concerne les problèmes discutés dans la presse technique, la politique et les procédés décidés par les autorités et les praticiens, tels qu’ils apparaissent dans les documents officiels; y sont incluses les opinions de l’auteur telles qu’elles se sont cristallisées et accumulées en quelque vingt ans durant lesquels il étudia par la pratique et en théorie le comportement humain au sol et dans les airs. Ces opinions se sont aussi formées à la lecture de tous les documents, livres, articles possibles intéressant ce vaste champ de l’effort humain. Puis elles ont été évaluées et coordonnées durant les longues nuits et journées passées aux commandes d’avions sur les routes aériennes du monde entier.
Les règles, apparemment très strictes, de sécurité qui caractérisent l’utilisation des appareils à réaction sur les lignes aériennes suggèrent spontanément et presque sans réflexion ridée d’un talisman qui protégerait le passager contre un désastre possible. A l’âge des avions à réaction, la publicité insiste tellement sur les délices sybaritiques du voyage par la voie des airs qu’elle semble oblitérer des idées d’un ordre plus pratique et interdire un raisonnement logique quant aux risques réels encourus par le voyageur. Une particularité de la psychologie des masses, selon laquelle chacun se conduit avec insouciance parce que ses proches semblent exempts d’inquiétude, a anéanti toute curiosité quant à la destination, les conditions météorologiques, la compétence de l’équipage, l’état de l’avion et bien d’autres aspects du voyage aérien. L’utilisateur ne s’en souciant pas, bien des gens responsables de l’industrie des voyages aériens en viennent eux-mêmes à moins s’en préoccuper. C’est ainsi que se crée, pour l’avenir à l’état potentiel, un danger d’une importance impossible à évaluer.
L’auteur de cet ouvrage estime cependant qu’on servirait mieux le public en ne lui montrant pas seulement les aspects séduisants de l’aviation, mais aussi ceux qui constituent des problèmes encore irrésolus. Car c’est de là que viendra le désastre à plus ou moins longue échéance. Non résolus, ces problèmes le restent parce qu’ils n’ont pas été étudiés correctement. Et nous le savons tous dans le métier. Ce refus de les considérer dépend de raisons diverses. Mais nous estimons qu’une critique positive déterminera des progrès, augmentera la sécurité et accroîtra les chances de survie. En offrant d’elle-même une image plus réaliste, l’industrie des transports aériens deviendra, selon l’opinion de l’auteur, l’instrument le plus formidable au point de vue économique et commercial et aussi en ce qui concerne les relations humaines et la marche vers la paix. Jamais, en effet, il n’exista au monde une industrie douée d’un tel potentiel d’influence quant aux relations internationales.
En considérant les nombres absolus de tués par l’aviation durant les années 1964, 1965, 1966, nous constatons une progression: 923, 1 038, 1 354. Le total – 3315 – sonne l’alarme. Ni les professionnels ni le public ne peuvent refuser de l’entendre. Pour leurs encouragements, leur patience infinie, leurs conseils et critiques également précieux, l’auteur exprime une profonde reconnaissance à son épouse, à M.F.J. Raddatz, qui eut l’idée de cet ouvrage; à M.G. Lindgren, secrétaire de l’APLA suédoise, ainsi qu’à maints collègues, mécaniciens, ingénieurs et autres membres de la grande famille internationale de l’aviation, qui partagent tous la même inquiétude quant aux progrès, à l’avenir de l’aviation civile, sa sécurité et sa survie.
