COPAINS DE VOLImprimer
Auteur : PIERRE NIVE
Année de publication : 1947
Editeur : Survol
AH, ce que j’ai pu rire dans le temps ! Rire et pleurer aussi. Pleurer les pauvres copains qui étaient si drôles à une minute, et qui, à l’autre minute, disparaissaient, crac ! et qu’on ne voyait plus jamais.
C’est que, dans l’aviation, on en consomme pas mal de copains. C’est même mis en statistiques. J’ai un peu oublié les chiffres, mais, à un moment, à un mauvais moment, c’était toutes les deux mille cinq cents heures de vol qu’il en disparaissait un.
Cela a l’air beaucoup, deux mille cinq cents heures de vol, mais, au fond, c’est peu quand on divise ce nombre par le nombre d’appareils qui prennent l’air chaque jour.
Tous les quinze jours au moins, il en mourait un, ou deux, ou cinq, ou six. Ça aurait été très bien pour l’avancement, si ça avait été des amiraux, ou même des capitaines de frégate, mais, pas de chance ! c’étaient toujours des marins ou de jeunes officiers.
