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L’aéronautique militaire, maritime coloniale et marchandeImprimer

Auteur : Collectif

Année de publication : 1931

Editeur : M&J de Brunoff

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En 1919, M. de Brunoff éditait un grand ouvrage qui rappelait l’évolution de l’aéronautique pendant toute la période de guerre et le rôle toujours croissant que celle-ci avait joué au cours de cinquante deux mois d’hostilités. Aujourd’hui, après une période d’un peu plus de dix années, MM. M. et J. de Brunoff veulent donner une suite à l’œuvre commencée en 1919 avec la publication de « L’AÉRONAUTIQUE PENDANT LA GUERRE MONDIALE » et le nouvel ouvrage qu’ils présentent aujourd’hui au public, en précisant les efforts faits depuis la fin de la guerre, montrera les progrès accomplis et les résultats obtenus dans tous les proâlèmes qui touchent à l’Aéronautique.

On a pu dire à la fin de la guerre que l’aviation avait fait en quatre ans et demi plus de progrès qu’elle en fût peut-être fait en vingt-cinq ans de recherches du temps de paix. Certes, la nécessité était là qui commandait impérieusement d’aller vite, et toutes les bonnes volontés étaient tendues vers le même but. Mais l’élan de la guerre ne s’est pas arrêté et grâce à l’impulsion acquise la cadence du progrès ne s’est pas ralentie; les pages qui suivent et qui racontent l’activité créatrice de ces dernières années en témoignent.

De même que nous constations en 1919, au début du premier ouvrage de M. de Brunoff, le labeur formidable accompli pendant la guerre qui a permis, malgré la nécessité de renouveler fréquemment le matériel, de créer une flotte aérienne de 12.000 avions, alors que nous n’avions au début des hostilités qu’une centaine d’appareils sans armes; de même nous constaterons aujourd’hui l’œuvre considérable accomplie depuis la guerre, dans tous les domaines, par l’Aéronautique française. Raids accomplis, records battus, création de l’aviation de tourisme et son développement, développement de l’Aviation marchande, création des bases et des routes aériennes, perfectionnements innombrables dans la construction aéronautique et dans la technique, et surtout depuis un peu plus de deux ans, – depuis la création du Ministère de l’Air qui a permis d’unifier les efforts, – réalisation de prototypes véritablement originaux et de qualités aérodynamiques nettement accrues, développement de l’infrastructure, création d’instituts scientifiques et de propagande aéronautique, constitution des grandes compagnies de navigation, tout cela est l’œuvre d’après guerre.

Tout cela, en y comprenant le travail d’organisation et de coordination des forces aériennes de la France sur terre, sur mer et aux colonies, constitue une tâche immense; il reste, il est vrai, encore un programme copieux de réalisations à effectuer; ce sera l’œuvre de demain; mais le chemin est dès maintenant tracé, les voies sont ouvertes. L’Etat seconde dans le domaine de l’Aéronautique civile les efforts des particuliers et des sociétés grâce à une organisation aussi souple que possible qui leur laisse le maximum d’indépendance; dans le domaine technique, il accorde le concours de ses ingénieurs et facilite le développement d’organismes scientifiques ouverts à tous ceux qui s’intéressent aux recherches aéronautiques; enfin il a une politique industrielle en matière aéronautique aussi nécessaire au point de vue civil qu’au point de vue militaire. Cette politique a permis d’améliorer les méthodes de fabrication grâce à la normalisation des éléments, d’abaisser les prix de revient, et de faciliter l’approvisionnement des rechanges; cette politique a eu aussi pour but de grandir l’industrie aéronautique, de lui donner une place plus importante dans l’économie nationale et pour cela d’accroître les possibilités d’échanges, d’exportation, d’approvisionnement des matières premières et de la décentraliser.

Toutes ces mesures commencent à être suivies d’effet et malgré le ralentissement momentané apporté par une crise mondiale et générale, l’essor de l’Industrie aéronautique se poursuivra avec sûreté et continuité. D’ailleurs un des grands stimulants est pour elle la concurrence étrangère qui s’annonce aussi rude dans la paix qu’elle l’était au cours de la guerre: la technique allemande nous obligeait alors à un « perpétuel enfantement » pour conserver la suprématie aérienne, et les progrès de l’adversaire devaient, sous peine de voir notre armée privée de ses yeux, être rapidement compensés par des progrès équivalents.

Aujourd’hui, la lutte a changé de caractère et d’ailleurs chacun profite des progrès de tous grâce à la diffusion des résultats techniques et scientifiques obtenus; mais le progrès constant reste nécessaire pour toute nation qui ne veut pas voir disparaître un à un ses débouchés à l’étranger. Ces échanges d’idées entre nations, ces démonstrations d’appareils qui viennent se présenter dans toutes les capitales d’Europe suscitent toujours un gros intérêt chez les techniciens qui, au contact de réalisations nouvelles et audacieuses, voient évoluer peu à peu leurs conceptions. A côté des voyages d’études à l’étranger qu’on ne saurait trop recommander, à côté des congrès techniques qui mettent en commun les idées et les théories, ces voyages de groupes ou d’avions isolés à travers le monde sont un élément de propagande de premier ordre et en même temps un élément de compréhension mutuelle et de sympathie entre les aviations des divers pays. Puissent ces échanges et cette interpénétration des peuples, grâce à l’aviation, favoriser leur esprit pacifique. L’aviation a été une arme dont l’importance s’est accrue chaque année de la guerre pour devenir essentielle à la fin; elle doit rester un de nos meilleurs éléments de police et de garde des frontières, mais l’Aviation civile a un magnifique avenir devant elle et les progrès immenses qu’elle a faits depuis 1920 sont, les meilleurs gages d’espérance pour l’avenir.