L’aérostat dirigeable…une vieille idée moderneImprimer
Auteur : Jean-Marc Truchet
Année de publication : 2006
Editeur : La plume du temps
Il ne se passe guère de temps sans qu’une catastrophe induite par un violent phénomène météorologique vienne rappeler à notre bon souvenir que, vraisemblablement, quelque chose bouge en surface de la planète qui nous héberge. Les incendies de forêts d’Espagne et du Portugal, la sécheresse qui s’étend en France, les inondations en Suisse, en Autriche, en Allemagne, en Angleterre, les cyclones à répétition dans les Caraïbes, etc. ne sont que les signes avant-coureurs de phénomènes certainement encore plus puissants qui se préparent. D’aucuns, forcément parmi les plus sérieux, nous assurent que cela relève de la conséquence de l’élévation de la température de l’atmosphère par les gaz à effet de serre (GES). A ce titre, nos gouvernants légifèrent tantôt à coup de taxes, tantôt à coup de dispositifs censés rendre les émissions de nos divers matériels moins polluantes. Bref, cela se traduit toujours par une pression financière et technologique accrue sur les individus mais l’on ne voit guère d’initiatives suivies des faits pour prendre sérieusement le mal à la racine si ce n’est la ridicule grand’messe de Kioto et ses vœux, toujours guère entrés dans les faits à l’aube de 2006.
Par ailleurs, force est de constater que ces mêmes dirigeants qui, à travers ces mêmes régulières grands messes se réunissent au chevet de notre Terre nourricière, ont une fâcheuse tendance à procéder du plus facile et à faire preuve d’une grande amnésie lorsqu’il s’agit de sujets qui pourraient contrarier. Inutile de dire qu’en première ligne se trouve le transport et particulièrement le transport aérien dont quasiment personne ne parle, du moins officiellement. L’on peut donc en déduire que les pots catalytiques en sortie des réacteurs ne sont pas encore pour demain. D’ailleurs, comme pour nos véhicules automobiles, cela augmenterait la consommation, ce qui n’irait pas dans le bon sens mais cela ne semble pas relever du même phénomène pour nos voitures…
Néanmoins, puisque nous parlons du transport aérien, sans doute serait-il bon de se pencher quelque peu sur la question car il semble qu’il y ait pas mal de choses à dire et qui de plus, risquent de ne pas faire plaisir à tout le monde mais heureusement nous sommes, paraît-il, en démocratie. Alors, examinons la chose de plus près, sans passion particulière mais avec objectivité car après tout, si les GES sont bien à l’origine des modifications climatiques, l’on peut penser que les jours de l’aviation commerciale sont comptés, hormis à décider que cette activité sera maintenue coûte que coûte jusqu’à ce que mort s’en suive pour la planète et donc pour ses locataires. Une responsabilité bien lourde à porter, sauf à faire preuve de la meilleure inconscience ou du plus lâche égoïsme.
Puisque le sujet semble grave, certains penseront qu’il faut tout simplement arrêter la machine pendant qu’il en est peut-être encore temps et revenir à une conception infiniment plus simple de la vie. Cependant, cela ne concerne pas que le transport aérien mais à peu près tout ce que nous fabriquons et dont nous profitons sans trop nous poser de question.
Il yen a également d’autres, plus radicaux, qui estiment que toute évolution technologique porte en elle les germes du malheur humain et qu’à ce titre nous n’aurions jamais dû quitter une forme de vie technico-sociale primaire. Malgré tout le respect que nous manifestons pour chacun, nous aurions néanmoins quelque tendance à taxer ces derniers « d’écolos intégristes » et l’expérience nous montre que souvent, malgré la bonne foi évidente de ces individus, ceux qui les motivent ne sont pas dénués d’intérêts divers et variés.
Alors, entre l’excès et de défaut, existe-t-il une voie médiane qui s’appellerait, par exemple, la sagesse ? Quels que soient les dégâts que nous avons commis sur Terre et que nous allons d’ailleurs selon toute vraisemblance continuer à commettre, avons-nous pour autant le désir de nous priver du confort qui est le nôtre aujourd’hui ? Les pays dits, sous-développés, souhaitent-ils le rester ? Accepterons-nous de ne plus pouvoir voyager de part le monde, ce qui accessoirement, constitue un puissant facteur d’échanges culturels et de connaissance de l’autre ?
La réponse à ces questions ne relève assurément pas de solutions extrêmes mais plus certainement d’une adaptation de nos technologies susceptibles de dégrader notre environnement et donc notre vie, vers des solutions soit nouvelles, soit ayant déjà fait leurs preuves et qu’il conviendrait simplement d’adapter à notre civilisation actuelle. Sur ce point, il est indéniable que le transport aérien moderne n’est pas sans reproches et que sur les bases qui sont aujourd’hui les siennes, il ne pourra ainsi que continuer son expansion, de plus, largement bâtie sur des fondations fiscales parfaitement anormales. Nous formulons des vœux pour qu’à travers cet ouvrage, que d’aucuns à l’aire du BOEING 747 et de l’AIRBUS A 380 trouveront sans doute quelque peu iconoclaste, une saine réflexion puisse s’engager, suivie nous l’espérons, d’urgentes et salutaires décisions car manifestement, nous avons tous à y gagner mais pas avec le jackpot climatologique car nous ne sommes pas de taille à lutter.
Pour terminer, précisons qu’il n’est pas dans notre esprit de dresser un quelconque réquisitoire contre le transport aérien actuel ou de mettre en évidence uniquement que les inconvénients. Toute interprétation en ce sens serait sans fondement mais convenons simplement que pour le moment, il n’est pas encore interdit de constater et de réfléchir et que pour proposer d’autres solutions, il faut à minima développer une critique constructive.
